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Interview - le saddle-fitting en pratique

Pour faire suite à ma première interview, j’ai décidé de poser des questions plus pratiques à Lisa, une collègue basée sur Genève qui a (presque) terminé sa formation en ergonomie équine.


Dans ce second article, je vous propose de découvrir sa réponse à des questions pratiques que vous vous posez surement…


Travail en tant qu'ergonomie équin & cas pratiques :


Y-a-t-il un type de cheval plus difficile à seller qu’un autre ?


Je dirais que malheureusement, dans notre région, les chevaux les plus difficiles à seller sont les chevaux ronds avec peu ou pas de garrot. En effet, les standards de la sellerie européenne sont plus adaptés à des morphotypes tels que les Selle Français, Pur-Sang Anglais, chevaux Allemands, etc.


Bref, l’arçonnerie Française n’est pas du tout adaptée à un Irish Cob par exemple. Il faut souvent chercher des selles qui proviennent de plus loin pour ces chevaux, et ce n’est pas mis à disposition des cavaliers de manière aussi simple que les autres selles Européennes. C’est pour cela que ces cavaliers peinent souvent à trouver une selle qui est adaptée a leur cheval, et à eux !

Je sais que la selle universelle n’existe pas…mais y-a-t-il une marque qui propose des selles plus faciles à adapter que d’autres ?


Effectivement elle n’existe malheureusement pas.


Mais dans les gammes de selles les plus adaptables et qui ont un excellent rapport qualité-prix, nous avons les Wintec et les Bates (qui sont exactement les mêmes selles que Wintec mais en cuir tout simplement). Elles sont les plus adaptables au cheval grâce aux arcades interchangeables, grâce aux différents types de matelassures, différents sanglons etc.


Au niveau du cavalier les taquets sont souvent modulables dans la gamme de dressage, les couteaux d’étrivières peuvent être modulables aussi. Pour les chevaux plus massifs/ronds, les Thorowgood sont aussi relativement adaptables.

Monter avec un tapis de monte à cru…bien ou pas ?

Comment bien le choisir ?


Bien de manière occasionnelle, et si on a une bonne assiette. C’est toujours mieux que totalement à cru, il y a une légère répartition du poids même si cela reste moindre, car il n’y a pas d’arçon. Disons que le pad ajoute plus de confort au cavalier mais pas particulièrement au cheval. On peut donc en utiliser un de temps en temps mais je le déconseille fortement d’avoir un pad de monte à cru à la place d’une selle. Le manque d’arçon va faire que tout le poids du cavalier repose sur maximum 4 vertèbres du cheval ce qui exerce une pression très importante qui peut provoquer des gênes notables au cheval.


Cependant, les pads avec étriers sont A BANNIR !!!


Les étrivières exercent une pression énormissime sur 2 vertèbres du cheval qui sont souvent au niveau du garrot, et en plus cela crée des lésions tissulaires, musculaires et ostéoarticulaires qui peuvent très vites dégénérer. Cela concerne aussi les selles sans arçon, le poids étant à peine mieux réparti ...il exerce toujours des pressions en travers du processus épineux.


L’amortisseur….c’est indispensable ou on le laisse dans notre placard ?


Il est à choisir au cas par cas.


Il augmente la surface d’appui de la selle, donc réduit les pressions au cm2. Il est recommandé dans 3 situations :


1. Un cheval au dos abîmé ou sensible

2. Un cavalier instable et lourd

3. Un couple pratiquant une équitation sportive intense (surtout type CSO et Cross)


Pour un cheval qui a la peau sensible, on privilégie les tapis à mouton intégré à même le poil, cela limite les frottements. Cependant, il est fortement déconseillé sur les chevaux très « ronds », qui ont une selle instable, et sur des selles qui ont une gouttière déjà trop étroite (ce qui comprimerait encore plus le cheval dessous). Si vous êtes un cavalier « amateur », l’amortisseur ne sera pas nécessaire (sauf à nouveau pour éventuellement du saut et du cross).


Attention cependant il y a aussi des règles à respecter en ce qui concerne l’ergonomie de l’amortisseur ! Déjà il doit obligatoirement être plus long que votre selle, environ 5cm à l’avant ET à l’arrière. Il doit avoir la même coupe que votre tapis. Si c’est un amortisseur avec des bordures en mouton, la selle ne doit surtout pas reposer dessus ! Je déconseille fortement les amortisseurs en gel qui se déforment vite dans le temps, et qui souvent n’absorbent pas bien les chocs. Les meilleurs restent ceux en mouton.


Petit conseil : si vous faites fitter votre cheval, montrez la manière dont vous sellez habituellement, donc si c’est avec amortisseur, montrez-le au professionnel car cela change les données sur le fitting de la selle !


Si j’ai envie de m’acheter un nouveau tapis de selle, a quoi dois-je faire attention ?


Tout d’abord, à sa forme. Certaines marques sont plus dégarrottées que d’autres, il faut donc voir si votre cheval à un garrot « proéminent » ou non, et choisir un tapis selon sa morphologie. Les tapis ultras plats, qui sont droits comme des planches de bois, sont à proscrire. Dans tous les cas votre cheval n’a jamais un dos aussi plat !

Le tapis doit suivre le processus épineux du cheval (la colonne vertébrale). Il faut éviter tous les tapis qui ont des surépaisseurs à l’endroit ou repose la selle. Par sur-épaisseurs je veux dire des bandelettes décoratives, les surpiqûres et les strass, par exemple.


Ensuite vient la matière, et là cela dépend de vos goûts et...de ceux de votre compagnon ! Certains supporteront du feutre alors que d’autre non. Personnellement, j’aime beaucoup les tapis dits « à nid d’abeille » qui évacuent plutôt bien la transpiration. Pour la question des matériaux utilisés dans les textiles, ma collègue Hélène a fait un super article que je vous recommande chaudement sur son blog : sellerie - quand le matériel est toxique.


Beaucoup de cavaliers autour de moi demandent à leur ostéopathe de vérifier l’adaptation de la selle, qu’en penses-tu ?


Dans un sens j’ai envie de dire que c’est mieux que de ne rien demander à personne…dans un autre, j’espère que votre ostéopathe aura l’honnêteté de vous dire qu’il n’est pas formé pour cela !


Au mieux il peut regarder dans les très grandes lignes si la selle ne va absolument pas. Mais il ne saura pas vous le dire si les défauts ne sont pas flagrants. Par défauts flagrants, je veux dire par exemple, les selles beaucoup trop grandes, ou qui sont complètement déséquilibrées. Mais ils ne seront pas capables de dire si une selle est adaptée.


Chacun son boulot ! Même s’il vous dit qu’il a eu une initiation au fitting pendant sa formation d’ostéopathie, cela reste malheureusement insuffisant. Si moi, lors de mes palpations du cheval d’un client je ressens des tensions, je ne me permettrai pas de dire d’où cela provient, ce que c’est, pourquoi, comment, parce que… je ne le sais tout simplement pas ! Donc je délègue. Un bon ostéopathe fera de même.


Ici encore, je te laisse lire un article d'Hélène à ce sujet : Ostéopathie et saddle-fitting - et si on cassait les idées reçues ?


A tes yeux, quel est l’intérêt de faire de la formation continue quand on est déjà professionnel ?


Pfiouh...il est énorme. Déjà parce que les connaissances scientifiques ne cessent de croître et le monde de manière générale évolue de manière constante. A nous d’essayer d’évoluer avec celui-ci.


Pour permettre une meilleure prise en charge, je pense qu’il faut rester « connecté » et suivre ces avancées. Je pense aussi que la formation continue permet des remises en question, et ça…tout le monde en a besoin, et tout au long de sa vie ! Rester ouvert permet de rester cultivé J


Pour finir, indique-nous tes différentes prestations et le(s) moyen(s) de te contacter !


Actuellement je ne pratique pas encore les adaptations de selle de manière professionnelle. Je serai normalement diplômée dans l’été 2020, et donc d’ici là je ne « fit » que des personnes proches ou de confiance pour m’exercer.


Cependant, je pratique magnétisme, la reboutologie, les massages avec un appareil à ultrasons, étal communication animale. Je n’ai pas encore de site internet mais vous pouvez suivre mon évolution et avoir les détails de mes prestations sur la page Facebook : Lisa Sabater – Sens’Harmonie – Animaux.


Vous pourrez aussi me retrouver avec des articles et autres contenus sur la plateforme en ligne AnimHO : https://www.animho-online.com


Merci infiniment Hélène pour cette Interview, c’est avec plaisir que je partage mes connaissances et quelques petits conseils qui j’espère vont servir.

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